Ils sautent du pont du Diable malgré le danger

L’accident survenu lundi après-midi au pont du Diable, dans les gorges de l’Hérault, n’a pas calmé les ardeurs des vacanciers.
Malgré les panneaux en plusieurs langues installés près du pont pour interdire les sauts, rien n’y fait.
Les maires ne savent plus quoi faire.

Pont du Diable 2017Près de 700 000 personnes fréquentent le Pont du Diable chaque année © Radio France – Sylvie Duchesne

Les maires de Saint-Jean-de-Fos et d’Aniane, chargés de la gestion du pont du Diable sont consternés : malgré les arrêtés municipaux qu’ils prennent régulièrement pour interdire les sauts, les vacanciers continuent de braver le danger.

Lundi après midi, une jeune fille de 19 ans, qui encadrait un groupe d’ados, s’est sérieusement blessée en sautant du pont (18 mètres de haut). Elle a été transportée dans un état grave au CHU de Montpellier.

Une dizaine d’accidents de ce genre sont à déplorer depuis quatre ans. Et pourtant, sur le site, rien ne change. Des dizaines de personnes se pressent chaque été sur les rochers situés sous le pont pour sauter.

« Si vous ne savez pas maîtriser le saut, vous arrivez sur les fesses et on s’esquinte le bas du dos.
Ça peut provoquer une paralysie. D’autres se sont éventrés. »

Véronique Cércélère loue des canoës depuis 30 ans au Pont du Diable

Les accidents n’empêchent pas les nombreux vacanciers de continuer à sauter.

Pont du Diable 2017Ils sont nombreux à se jeter à l’eau des rochers © Radio France – SylvieDuchesne

« C’est pour l’adrénaline, on cherche un peu le danger. Le but, c’est de faire l’avion, d’écarter les bras et de faire en sorte d’atterrir droit. C’est la sensation de descendre vite, d’un coup.
Ça dure deux secondes, mais on aime ça. »

Reportage au pont du Diable

Les amendes plus dissuasives que la prévention ?

Les maires d’Aniane et de Saint-Jean-de-Fos s’interrogent. Les arrêtés municipaux qu’ils ont pris n’ont aucun effet dissuasif.

Ils essaient aussi de faire de la prévention tout au long de l’année auprès des jeunes du village.
Une campagne de communication  » choc  » serait peut-être plus indiquée.

« Expliquer que le danger est immense, que le risque ce n’est pas seulement de se tuer, mais de finir dans un petit fauteuil et de voir ce que peut être une blessure de la moëlle épinière, et les conséquences à vie, y compris sur la sexualité, car c’est quelque chose qui parle plus aux jeunes que la mort…. Je crois que cette campagne d’information pourrait jouer.« 

Reportage Guy-Charles Aguilar, le maire de Saint Jean de Fos

Dernière solution pour dissuader les gens de sauter : leur faire payer les contraventions prévues par la loi. Encore faudrait-il en avoir les moyens : seulement deux policiers municipaux à Aniane, un seul à Saint-Jean-de-Fos.
Et les 12 gendarmes qui sont arrivés en renfort dans le secteur pour l’été n’interviennent qu’après avoir été appelés. Difficile dans ce cas de retrouver les fautifs, surtout s’ils sont dans l’eau !

Par Sylvie Duchesne, France Bleu Hérault et France Bleu
Mercredi 19 juillet 2017

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