Saint-Jean-de-Fos – Le domaine Fons Sanatis se heurte à la mairie

Le vigneron demande un aménagement des travaux de voirie pour vendanger.

Mais malgré sa carrure de rugbyman, le vigneron est plus que secoué. Hier devant son chai Benoît Braujou ne cachait pas sa consternation. Depuis plusieurs mois, Il s’inquiète des travaux en cours, avenue du Monument à Saint-Jean-de-Fos, où les réseaux et la voirie sont refaits. Ce qui l’empêche d’effectuer ses vendanges et surtout de vinifier ses vins. «il y a trop de poussière, c’est impossible », explique le professionnel qui souhaite un aménagement des travaux.

Benoit BraujouBenoît Braujou se bat pour sauver sa vendange et ses vinifications.

Le référé donne raison au vigneron
Le vigneron du domaine Fons Sanatis est prêt à renoncer aux vendanges tardives (« une perte de 25 000 €») et aux vinifications en barrique pour les blancs, afin de réduire la période d’activité si, dans le même temps, la municipalité s’engage à aménager le calendrier des travaux.
Sa compagnie d’assurance a donc entrepris des négociations avec la mairie pour trouver un compromis en proposant des solutions. « La municipalité a balayé tout ça d’un revers de main », déplore Benoît Braiyou. « Tout ce que je demande c’est de pouvoir travailler et sauver ma récolte et mon exploitation. »
Face au blocage, l’affaire est passée en référé et le tribunal administratif de Montpellier a pris une ordonnance pour suspendre les travaux jusqu’au 2 novembre, avec une astreinte de l 000 € par jour pour faire respecter sa décision. « L’astreinte n’est pas un dédommagement. Cet argent va dans les caisses de l’État, pas dans ma poche », se défend le vigneron.

« Je dépose le bilan et je m’en vais ! »
Or, lundi dernier, le conseil municipal a affiché la volonté de passer outre la décision de justice et donc de payer 70 000 €. La décision définitive doit être prise lundi. « C’est catastrophique, explose Benoît Braujou. Je vais essayer de tenir jusqu’à mardi. Mais si cette décision est prise, je dépose le bilan et je m’en. vais ! Ce matin, je n ‘ai pas vendangé ça ne sert à rien. J’ai 40 ans je suis né ici et ce choix serait un manque total de considération envers moi. Je veux aussi protéger les contribuables de Saint-Jean-de-Fos qui vont payer 70 000 € pour rien alors que des solutions existent, sans que les travaux soient impactés. »
THIERRY DUBOURG – tdubourg@midilibre.com

Le maire inquiet face aux épisodes cévenols
Guy-Charles Aguilar reconnaît comprendre le vigneron et la nécessité d’une rigueur imposée par de complexes vinifications. Mais le maire met aussi en avant qu’il redoute les prochains épisodes cévenols si le chantier prend du retard, « Il est très difficile de demander a une entreprise d’interrompre puis de reprendre un chantier « , plaide l’élu. Qui regrette la « radicalisation » de la situation , soulignant que « la mairie est tenue par un certain nombre d’obligations. Nous allons faire le maximum, pour limiter l’impact des travaux. C’est un dossier très complexe. »
L’élu souhaite que cette question soit menée par « la bonne volonté et la bienveillance », malgré les difficultés à conjuguer les contraintes d’une équipe technique et l’engagement passionné d’un vigneron pour « un travail de grande qualité ». Mais Guy Charles Aguilar ne cache pas qu’il n’écarte aucune solution, y compris de devoir payer les astreintes. « Si l’arrêt des travaux est générateur de risques majeurs pour la population. En 2016 et 2014 les inondations ont été particulièrement douloureuses dans le village », poursuit le maire.

Midilibre.fr vendredi 1 septembre 2017

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