Des spéléologues aubagnais proches d’une découverte dans le Dévoluy

En août 2010, lors d’un campement dans le massif de Dévoluy (Hautes-Alpes),
trois jeunes spéléologues aubagnais, Thibault, Armand et Mathis découvraient par hasard dans une cavité encore inexplorée des ossements humains datant de la Préhistoire.
La grotte ainsi découverte a été baptisée « l’Arthimat« , résultat de la réunion des trois prénoms de ces jeunes membres du club spéléo et canyon dirigé par Jean-Marc Garcia.
Un an plus tard, ce n’est pas le hasard mais la pugnacité de spéléologues aubagnais qui a permis de faire une nouvelle découverte d’importance.

Tous les spéléologues travaillant dans le massif de Dévoluy rêvent depuis longtemps de percer le secret des sources des Gillardes, ces résurgences dont le débit moyen oscille entre 3 et 35 m3 à la seconde, aussi bien en été qu’en hiver. L’eau sort ici avec une puissance phénoménale qui vaut aux Gillardes d’être classées en seconde position derrière la Fontaine du Vaucluse.
L’eau est rare en Dévoluy. Comme sur toutes les montagnes calcaires, elle circule essentiellement sous terre et arrive aux Gillardes. En dépit des nombreuses recherches, le collecteur sous-marin qui conduit les eaux d’infiltration du Dévoluy vers ce site spectaculaire n’a toujours pas été découvert. Pourtant, le voile du mystère pourrait bien être levé bientôt si la découverte faite cet été par des membres du club aubagnais se révélait fructueuse.
En explorant « La Tune aux Renards », l’un des nombreux gouffres, le deuxième du Dévoluy, une expédition spéléologique a réussi à descendre jusqu’à une profondeur de – 800m, un exploit qu’aucune équipe n’était parvenu à réaliser jusqu’à présent à cet endroit. Au-delà du concept futile de record, c’est la perspective d’atteindre le collecteur amont des Gillardes qui a soulevé l’enthousiasme et la curiosité des spéléologues aubagnais et de leurs collègues des Hautes-Alpes car la théorie selon laquelle le collecteur serait situé à la côte 1100 m d’altitude est mise à mal par cette découverte.
Le 29 octobre, une nouvelle expédition composée d’une dizaine de spéléologues chevronnés est programmée pour rejoindre le terminus établi cet été au sommet d’un puits.

Cette expédition qui revêt plusieurs intérêts, notamment scientifiques puisqu’elle permettra, entre autres, d’apporter un éclairage sur la géologie du massif, recèle quelques difficultés comme l’explique Jean-Marc Garcia : « Pour arriver au sommet de ce puits, il faut une dizaine d’heures de progression et emprunter des méandres très étroits et très abrasifs. Les parois sont faites de calcaire avec des incrustations de silex et cela pose aussi des problèmes pour poser les ancrages. En outre, à partir de -650 m, la partie est très aquatique, il y a de nombreux bassins et on est souvent obligés de se mettre à l’eau. Or, la température de l’eau avoisine les -5°C ».
Si la spéléologie est une partie de plaisir pour ses passionnés, elle est aussi une discipline sportive qui exige non seulement une excellente condition physique mais aussi beaucoup de rigueur : « Une exploration c’est trois jours dont 24 heures de sport intensif en utilisant les techniques de la spéléologie moderne. C’est comparable à une expédition en haute-montagne », poursuit celui qui a commencé la spéléologie à l’âge de 9 ans et qui rêve aujourd’hui de percer le secret des Gillardes. Le 29 octobre, avec son équipe, il plongera dans le puits découvert en espérant trouver une galerie lui permettant d’atteindre ce fameux collecteur dont il soupçonne la proximité. Contact, club spéléo et canyon : MJC d’Aubagne au 04 42 18 17 17.

Thierry GIL